Bien pêcher la carpe quand on manque de temps !

 

S’il a bien un truc qu’on peut dire à propos de la pêche de la carpe, c’est que c’est souvent une passion extrêmement prenante. Et ça à tous les niveaux, car je ne parle pas que de l’attente au bord de l’eau en ayant l’espoir qu’un foutu poisson daigne engamer notre savoureux appât 😉  Non, ce n’est pas que ça. Il y a entre autres le repérage, la préparation de graines, de montages, les déplacements pour aller amorcer, et si en plus on fabrique nos propres bouillettes, alors là je crois que c’est le pompon ! Alors oui la pêche de la carpe est un loisir passionnant mais qui prend du temps, beaucoup de temps…

Néanmoins, vous serez peut-être tenté de me dire que personne ne nous a mis le couteau sous la gorge, et c’est bien vrai, car quitte à taquiner le poisson, on aurait pu choisir une autre pêche, oh mais non, avec la vie surchargée que nous avons, il a fallu qu’on choisisse une pêche « d’attente », qui prend du temps. Lol comme dirait l’autre. 

Je sais je me suis un peu lâcher, mais je crois que c’est la frustration qui parle, car le manque de temps est un mal bien profond dans notre société. Et c’est encore plus frustrant lorsque cela rejailli sur notre passion. Car entre le travail, la vie de famille, l’entretien de la maison, de la voiture, etc, que reste t-il comme place pour vraiment bien pêcher la carpe ? Oh bien sûr on arrive à faire quelques sorties, quelques heures par ci, quelques heures par là, et ce dès qu’on a un peu de temps devant soit. Cependant c’est souvent sans grand espoir car on n’a pas pu préparer notre pêche correctement, il faut bien le dire.

D’ailleurs j’insiste sur le VRAIMENT bien pêcher la carpe, car construire une vraie pêche pour obtenir de vrais résultats même en peu de temps, et bien ça ne s’improvise pas.

Personnellement, j’ai en fait été pendant longtemps dans ce schéma à improviser quasiment toutes mes pêches sans vraiment les préparer, juste parce que j’avais un peu de temps devant moi. Le souci est que je suis comme beaucoup d’entre vous et mon temps de pêche est souvent limité, et c’est frustrant ! Donc si vous aussi, vous êtes en manque de temps et que vous souhaitez améliorer vos résultats, même si vous ne disposez que de quelques heures de pêche, alors je vous donne dans cet article quelques astuces simples qui ont pour moi vraiment fait une différence en terme de résultats.

Objectif N°1 ; trouver des spots productifs depuis chez soi 

Jusqu’à il y a peu de temps, préparer sa pêche dans un endroit qu’on ne connaissait pas se résumait à se déplacer sur le terrain pour trouver quelques bons coins. Au programme, repérage des spots, puis sondage, amorçage, et enfin la pêche. On peut le résumer brièvement comme ça. Sur un plan d’eau qu’on connaît bien, on gagne un peu de temps car on peu zapper la case repérage (encore que, par habitude, on se cantonne souvent aux mêmes postes de pêche tout de même). Cependant dans ce deuxième cas, toutes les autres étapes sont nécessaires pour faire une bonne pêche. 

Sur cette objectif N°1, nous allons nous concentrer sur le repérage des spots grâce à un formidable outil informatique : Google earth pro. En effet, cet outil peut nous permettre depuis notre ordinateur et par des images satellites de découvrir des spots dans un plan d’eau, lac ou rivière qu’on ne connaît pas, ou encore de classifier par exemple des spots sur des endroits qu’on connaît, mais où il est difficile de le faire au bord de l’eau par exemple.

Google Earth Pro est un logiciel qu’il faudra installer sur votre ordinateur. Je vous conseille de télécharger la version « pro » car cette version est plus complète que la version basique. 

Avant d’utiliser le logiciel, commencez par le télécharger. Pour ce faire, rentrez dans la barre de recherche de votre navigateur « Google Earth Pro » puis cliquez sur le lien dans les résultats de la recherche (ou cliquez sur le lien bleu quelques lignes au dessus) :

Vous arrivez sur la page suivante où il faudra cliquer sur « accepter et télécharger »

Bon, jusque là je pense que c’est ok pour tout le monde 😎 

Ouvrez ensuite le logiciel depuis votre ordinateur. Pour rechercher un lieu de pêche, il suffit de taper le nom de la commune ou le nom du lieu de pêche, tout simplement : 

Pour une plus grande précision, vous pouvez également rentrer les coordonnées GPS de votre lieu de pêche si vous les connaissez. Le site Geocarp est très pratique pour ça. Ici un exemple avec le lac de Hourtin Carcans situé en Gironde

 

Copiez collez dans la barre de recherche et le tour est joué :

 

Passons maintenant à la prospection d’un étang avec l’outil. Ci-dessous, un étang situé dans mon département, cependant je ne me suis jamais rendu. D’ailleurs je ne connaissais même pas son existence. Pour la démonstration il me semblait néanmoins très intéressant.

Petite parenthèse pour préciser qu’il existe de nombreuses fonctionnalités sur Google Earth Pro, comme les itinéraires, les coordonnées GPS, etc. Cependant, afin de ne pas s’éparpiller avec trop d’informations, nous allons en voir deux aujourd’hui, celles qui sont les plus utiles pour commencer, à savoir la réglette, qui permet de mesurer d’un point A à un point B simplement en déplaçant la souris (ligne rouge sur la photo), et le repère qui se présente sous la forme d’une punaise jaune. 

Sur le schéma ci dessous, j’ai repéré trois spots sur une partie de ce plan d’eau qui peuvent être intéressants, à savoir un haut fond d’une largeur d’environ 90 mètres (c’est juste énorme), de la végétation qui correspond probablement à des herbiers, et un ponton d’amarrage que j’ai marqué avec un repère. Pour les deux premiers spots, je me suis servi de la réglette pour mesurer la largeur ou la longueur, ce qui me donne une grande indication. Pour le troisième, je mets un repère visuel car celui ci est bien visible. 

A présent, observez bien au dessus de la ligne rouge sur l’image ci dessous, car sur cette même portion de ce plan d’eau, et chose très intéressante, en regardant bien, on observe également une sorte de chemin au fond de l’eau. Après une prise d’information, il s’agit bien d’un ancien chemin en pierre d’une largeur d’environ 3 mètres qui traverse le plan d’eau 

 

C’est un logiciel extrêmement pratique, mais gardez à l’esprit que Google Earth Pro est un outil parmi d’autres et qu’on ne peut pas tout voir. Un sondage minutieux au bord de l’eau est un formidable complément, cependant avec ces trois spots déjà observés tout en restant chez moi, on peut dire que le gros du travail est déjà fait. En effet on a déjà repéré trois spots très intéressants ce qui est déjà une base énorme et un gain de temps non négligeable. 

Objectif N°2 : arrêter de pêcher au bon moment !

Je sais, pêcher au bon moment est quelque chose qu’on vous rabâche constamment, ce serait même d’une logique implacable si on veut faire du poisson, ou davantage de poissons. Cependant, je trouve que ce terme est quand même très vaste et englobe beaucoup trop de contraintes quand on manque de temps. Oui car au final, ça veut dire quoi pêcher au bon moment ? Est-ce qu’on doit attendre l’automne quand on sait que les carpes vont faire leur réserve ? Est-ce qu’on doit arrêter de pêcher l’été car il fait chaud et les carpes mordent moins ? Est-ce qu’on doit attendre qu’un vent favorable finisse par tourner ? Est-ce qu’on doit attendre une dépression atmosphérique ?

Personnellement, et vous en ferez ce que vous voulez, mais je déconseille à quiconque de pêcher en attendant que les conditions soient optimales. Je sais, on nous dit très souvent le contraire, cependant je trouve que c’est une belle connerie. Car admettons que vous souhaitez attendre le moment « parfait » pour taquiner la carpe et mettre toutes les chances de votre côté, et bien je pense pouvoir dire que de l’eau aura couler sous les ponts (je sais celle là était facile 😀 ) avant que vous ne mettiez les cannes à l’eau. En d’autres termes, avec le manque de temps qui concerne la plupart d’entre nous, il est quasi impossible de pêcher dans des conditions optimales, enlevez-vous donc une charge mentale, oubliez ça.

Pour tout vous dire, de mon côté je n’ai jamais vraiment prêté attention aux soit disant conditions parfaites, ni aux conditions soit disant « épouvantables » pour la pêche d’ailleurs. En effet, il m’est arrivé de réaliser des cartons dans à peu près n’importe quelle situation, et à l’inverse de jolis capots quand les conditions semblaient propices. De plus, en réalité je suis comme la beaucoup d’entre vous, j’ai souvent des milliards de choses à faire ! Donc mettre en phase nos disponibilités ET des conditions optimales de pêche est très très utopique.

La pêche est de toute façon une passion et doit le rester, ma philosophie est que ça ne doit pas devenir une contrainte ou un moment quelconque pour la pratiquer. Il est donc important de pêcher quand on en a envie ou quand on a le temps, car même si on ne prend pas de poisson, sortir en pleine nature a de toute façon un effet bénéfique sur notre corps.

Objectif 3 : valider les spots au bord de l’eau 

Une fois ce cadre posé, et même si la pêche est aussi faite de capot, ça je pense qu’on est tous d’accord, il est quand même beaucoup plus intéressant de faire au moins un poisson quand on va à la pêche. Reprenons donc le fil. A ce stade et comme on l’a vu plus haut, vous avez maintenant repérer des spots prometteurs depuis chez vous grâce à Google Earth Pro. Cependant, et même si le gros du travail est mâché, il faut tout de même se rendre sur place pour valider les spots repérés. En effet, il serait trop aléatoire de se baser uniquement sur des images satellites. 

Prenons donc un exemple concret avec un étang que je pêche parfois. Ci dessous donc, un étang d’environ 1,5 hectares. Avec Google Earth Pro, on peut catégoriser 4 spots qui paraissent à première vue prometteurs : Le N°1 avec des arbres au dessus de l’eau. Le N°2 avec ce qui semble être des débris sur le fond (à préciser), le N°3 avec une petite île et ce qui semble être un arbre mort, et enfin le N°4 qui est la bonde de vidange.

 

Ces quatre spots paraissent pour différentes raisons assez prometteurs, voyons donc ce qu’il en est sur le terrain.

Spot N°1 : les arbres dans l’eau. A première vue, il semble assez intéressant, voyons donc tout ça. Tout d’abord, on observe que la grande majorité de ces arbres surplombent l’eau. Ce qui est intéressant dans ce cas est surtout toutes les petites bestioles qui peuvent se tenir dans l’arbre et tombe parfois dans l’eau. Ces spots sont donc plutôt à prospecter généralement au printemps et une partie de l’été sur ce type d’étang. Un peu plus loin, on y voit également un amas de branche mortes, ce qui est également très intéressant à première vue. Cependant, le gros hic est que la profondeur sur toute la zone est très faible (environ 70cm) . Oubliez donc cet amas de branche où les carpes ont besoin de profondeur pour s’y tenir et se sentir en sécurité. Pour les arbres, cela ne représente pas non plus un très bon spot de part la faible profondeur, cependant, les carpes doivent parfois tout de même longer la bordure. En conclusion, ce spot N°1 n’est pas très excitant mais quelques carpes doivent y passer tout de même. Mais pour moi, ce n’est pas un premier choix et c’est une pêche que je qualifierais « d’opportunisme »

 

Spot N°2 : les débris sur le fond. Sur le terrain ce spot N°2 nous apprend rapidement qu’il n’est pas très intéressant car on y voit de simples branches posées sur le fond et dépassées de la surface, ce qui veut dire que le fond est extrêmement faible (en réalité environ 40cm). De plus, cette partie est interdite à la pêche, next.

 

Spot N°3 : l’île avec l’arbre mort. De part la vue satellite, ce spot semblait très intéressant. Sur le terrain on en a la confirmation. Une île est presque tout le temps une bonne zone de pêche et pêcher à proximité est souvent payant. En plus ici on a un bel arbre mort où les branches semble s’étirer jusque sur le fond. La profondeur y est d’environ 1,30m. Assurément le spot le plus prometteur du plan d’eau. 

 

Spot N°4 : la bonde de vidange. Les bondes de vidange sont généralement très intéressantes à certaines période de l’année, typiquement en période hivernale, car elles représentent logiquement la zone la plus profonde de l’étang et les carpes aiment s’y réfugier en cette période. Cependant ici, au vue de la faible profondeur (moins de 2 mètres), celle ci n’est pas très intéressante pour ça. Bien sûr cela représente un obstacle dur et où on peut trouver de la nourriture naturelle. Cela reste donc un spot correct pour ce plan d’eau, faute de mieux. 

 

Objectif N°4 : pour de belles pêches, pêchez près de chez vous !

Voilà, maintenant qu’on a repéré quelques spots à fort potentiel sur Google Earth Pro et qu’on les a validés sur le terrain, nous allons voir maintenant comment s’organiser pour pour pouvoir faire de belles pêches sur un laps de temps assez court. On va donc parler de la zone géographique de pêche. Pour cela, tentons de répondre à cette question simple : si on a que peu de temps de pêche devant soi, est-il plus judicieux de pêcher près de chez soi ? La réponse est évidemment oui ! Cela peut paraître logique mais il est parfois tentant de faire quelques kilomètres de plus pour trouver un cadre différent. Effectivement, pêcher près de chez soi nous permet d’obtenir un gain de temps parfois considérable, tant pour la pêche que pour aller amorcer par exemple. Mais cela permet surtout de bien connaître les lieux…

Je fais donc une petite parenthèse personnelle, juste pour que vous compreniez un peu mieux mon point de vue sur cette pêche de proximité et pourquoi je la recommande quand on a peu de temps pour s’adonner à la pêche. Il y a quelques années, j’étais à mon compte dans la restauration (aïe 😀 ), et je travaillais environ 60 heures par semaine (week-end inclus). Je dois avouer que ma passion pour la pêche de la carpe de façon « traditionnelle » s’est vite essoufflée. Par là j’entends la pêche de nuit principalement. Car quand on travaille 6 jours sur 7 et qu’on a très peu de vacances chaque année, il est en effet difficile de pêcher pleinement, du moins c’est ce que je croyais. A l’époque pour moi la pêche de la carpe rimait avec pêche de nuit et dans mon esprit il était difficile d’imaginer pêcher uniquement de journée et de faire de belles pêches. Ce n’était pas quelque chose de concevable. En plus je n’avais que quelques heures à y consacrer. Autant dire que ce n’était pas gagné. Mais la passion était plus forte et il a fallu que je m’adapte en pêchant près de chez moi notamment, car en peu de temps, il est beaucoup plus difficile de « construire » sa pêche si on part trop loin. 

En effet, aujourd’hui je sais de façon assez fiable comment aborder chaque pièce d’eau près de chez moi. Tout d’abord pour gagner du temps, j’ai commencé par les « analyser » avec des outils informatiques (dont Google Earth), et comme expliqué plus haut, j’y ai répertorié les meilleurs spots. J’ai ensuite continué mon investigation sur le terrain en ne gardant que les spots qui étaient les plus prometteurs. Pour finir, je les ai pêchés un à un, tout simplement. En fait avec le recul, cela m’a surtout aidé à changer mon approche qui était trop stéréotypée car ça m’a permis de pêcher différents spots, et de me rendre compte notamment qu’il y en avait certains qui étaient plus productifs à certaines périodes de l’année par exemple, et d’autre qu’on croyais des valeurs sûres, se révéler être en fait inactifs à d’autres périodes. Parfois on comprend mieux pourquoi on revient capot quoi, bref… Mais tout ne s’est pas fait en un jour, et je suis passé par des phases de doute bien entendu car ça allait un peu à contre courant de ce qu’on peut entendre ici et là.

Toujours est-il qu’aujourd’hui je connais bien chaque pièce d’eau que je pêche et chaque spot qu’il renferme (enfin, il y a bien un plan d’eau qui me donne quand même du fil à retordre, c’est le sujet de la prochaine vidéo 😉 ) et tout ça grâce au fait que je pêchais à proximité de mon domicile…

Voilà, cet article touche à sa fin. Ces quelques astuces m’ont vraiment aidées à « synthétiser » mes pêches, à être plus performant et en moins de temps. La remise en question porte très souvent ses fruits 😉 

Par Freddy, rédacteur du Blog de la Carpe  

 

2 réflexions sur “Bien pêcher la carpe quand on manque de temps !”

  1. Bousqueynaud Jean luc

    Salut Freddy c’est Jean luc,ton article est d’une justesse parfaite je suis entièrement d’accord avec toi pour avoir mis et mettre cette stratégie en œuvre à chaque session pratiquée par moi.
    Il faut quand même savoir que les jour se suivent mais ne se ressemblent pas toujours par expérience j’ai constaté que madame carpe même si l’on fait le mieux c’est toujours elle qui décide et que de nombreux critères rentrent en ligne de compte (temps, température, vent, pression de pêche et autres) par ces faits le meilleur des spots n’aura pas toujours le même impact mais en général l’approche décrite par toi et la meilleure à mettre en place pour avoir le plus de chances de réussite .
    Bonne déroule à toi et aux amis carpistes.

    1. Salut Jean-Luc et merci pour ton message qui est très juste 😉 En effet la pêche est faite d’une multitude de petits détails

      Freddy 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Recevez gratuitement mon livre "La carpe, technique et stratégies gagnantes" Cliquez ici
Hello. Add your message here.