Faire la différence sur des plans d’eau surpêchés

plans d'eau surpêchés

Les plans d’eau surpêchés ont souvent les mêmes particularités. Ce sont souvent des plans d’eau de taille plus ou moins modeste et où la moyenne des poissons est assez élevée, en tous cas assez élevé pour attirer un certain nombre de pêcheurs. La pêche y devient donc compliquée de par la méfiance des poissons qui augmente de plus en plus, mais aussi par la diminution de bons postes, voire de postes exploitables tout court. Malgré le fait qu’il faille jouer des coudes pour faire la différence, il n’est pas rare de tirer son épingle du jeu en proposant une approche moins stéréotypée.

Faire comme les autres…ou pas !

Cela peut paraître surprenant sur des plans d’eau surpêchés, mais faire exactement comme les autres peut se révéler extrêmement efficace. J’ai été surpris à maintes reprises que de constater que les mêmes poissons pouvaient se faire piquer au même endroit, avec les mêmes appâts, et ceci de façon répétée. Ceci dit, avec cette méthode, nous voyons régulièrement toujours les mêmes poissons.

D’autres fois, les poissons qui peuplent certains plans d’eau surpêchés peuvent être assez déconcertants, et ne jamais montrer le bout de leur nez. Dans ces cas-là, le nombre élevé de pêcheurs joue un rôle important et influe sur le comportement de ces poissons. Il paraît évident que ces carpes sont plus méfiantes et ne se laisseront pas piéger sur ces postes pêcher à longueur de temps. Ces carpes (souvent les plus beaux sujets), restent à l’écart de ce tapage constant et il semble évident qu’avec l’expérience que ces poissons ont acquis, il sera beaucoup plus difficile de les capturer. Malgré cela, des raisons auxquelles nous ne nous attendons pas, peuvent nous pousser à prospecter positivement d’autres postes qui sont soit-disant improductifs…

Pour cela, rien de tel qu’une petite histoire :

nous sommes en plein mois d’avril et la nature retrouve peu à peu son habit de printemps. Avec le retour de températures plus clémentes, ce plan d’eau de 5 hectares qui est connu pour abriter de jolies carpes et où la pression de pêche est élevée, commence à accueillir une bonne population de carpistes. Didier, Alain et Jean Yves, comme à leur habitude, décident d’occuper le poste le plus convoiter du plan d’eau : une petite île. Tout au long de la belle saison, cette île est très productive et donne souvent de nombreux poissons. L’île est située à une cinquantaine de mètres du bord et la profondeur moyenne y est d’environ 4 M. Michel lui, est un peu déçu en arrivant sur les lieux car « son » poste est déjà saturé et il n’est absolument pas raisonnable d’y mettre une batterie supplémentaire. Il se résout donc à trouver une autre solution et décide de se mettre dans un endroit qui n’est jamais pêcher à l’autre bout de la pièce d’eau, là où la profondeur n’excède guère les 1,50m. Comme il ne connaît pas bien l’endroit, il décide de sonder. Il y découvre quelques herbiers qui commence à pointer le bout de leur nez non loin du bord, il va donc les exploiter. Michel n’en croit pas ses yeux, au bout de 5H de pêche, deux poissons, dont une magnifique miroir sont déjà venu rejoindre son épuisette dans cette zone du plan d’eau très peu pêcher. Trois heures plus tard, une commune de 15 kg viendra clore cette jolie pêche. En revenant vers son véhicule, Michel s’arrête évidemment sur le poste de l’île, celui qui est tellement convoité car il est « tout le temps productif ». Seulement en ce matin d’avril, les trois pêcheurs n’ont pas vu la queue d’un poisson et ils se demandent bien pourquoi puisqu’ils font « comme d’habitude ». Michel est tout aussi surpris. Mais en y réfléchissant bien, il a certainement une explication : la température de l’eau !

Tout au long de l’année, la température de l’eau varie énormément et le comportement des poissons variera également. L’explication est en fait toute bête. Nous sommes donc au mois d’avril, et contrairement aux apparences (la hausse des températures extérieures), la température de l’eau n’a en fait que très peu augmentée. Avec l’apparition d’un soleil beaucoup plus présent, les zones les moins profondes du plan d’eau vont se réchauffer en premier lieu. la nourriture naturelle ainsi que la végétation vont donc s’éveiller beaucoup plus rapidement dans ces zones. C’est tout naturellement que les carpes se dirigent vers ces zones « plus confortables » et où le buffet commence à être servi.

La morale de l’histoire est qu’il peut être judicieux de changer de poste dans certaines conditions.

un beau poisson fait dans un endroit fréquenté
un beau poisson fait dans un endroit fréquenté

Changer d’appâts en plans d’eau surpêchés, bonne ou mauvaise idée ?

Il me paraît difficile d’aborder ce sujet qu’est l’amorçage sur les plans d’eau surpêchés. En effet, pour avoir pêché ce type de plans d’eau, le comportement des poissons sur le plan alimentaire peut varier sensiblement d’un plan d’eau à un autre. Par exemple, j’ai vu sur certains plans d’eau surpêchés que les carpes répondaient facilement sur des amorçages massifs, tandis que sur d’autres, il était impossible de mettre plus de quelques billes sans éveiller la méfiance des poissons. Néanmoins, on peut tout de même se poser la question de l’appât. Doit-on faire « comme tout le monde » ou faire pour ainsi dire l’inverse, dans le but de tromper les plus méfiantes. C’est là qu’une petite enquête s’impose. En questionnant les habitués, on peut se faire une idée assez précise des appâts que l’on doit utiliser. Il est ensuite assez facile de savoir quels appâts fonctionnent sur la pièce d’eau, et comme je dis toujours, cela ne sert à rien de réinventer la roue, donc profitons des précieuses informations récoltées ici et là.

Régler les détails

L’autre cas de figure, c’est qu’un certain nombre de sujets ne se laisseront pas avoir à cette solution toute faite. Il faudra donc « faire différent ». Faire différent, ce n’est pas forcément faire compliquer, c’est simplement essayer une autre approche. Les options peuvent être nombreuses. Comme dit un peu plus haut, ce n’est pas forcément une mauvaise chose de « copier » ce qui marche. Seulement, on peut peut-être se différencier et ainsi peut-être avoir de meilleurs résultats en se démarquant un peu des autres pêcheurs. Je pense notamment à de simples « petits » changements dans l’approche. Il existe une méthode alternative pour pêcher les spots saturés, et qui souvent peut la différence, il paraît qu’on appelle ça des détails, allez savoir pourquoi 😉 .

En discutant et en observant les habitués des lieux, vous vous apercevrez rapidement quels sont les spots qui sortent régulièrement du poisson. Ici il ne s’agit pas de révolutionner la façon de pêcher mais plutôt essayer de toucher des poissons qui deviennent méfiants et qui restent de plus en plus à l’écart. Par exemple, si personne n’ose pêcher tout près d’obstacles, cela peut se révéler fructueux que d’essayer de prendre « tous les risques » en pêchant frein serré et en étant tout près de la canne. Ou alors l’inverse, car on peut avoir des poissons qui se tiennent à l’écart de zones qui sont en tant normales sécuritaires et qui, sur les plans d’eau surpêchés, deviennent des zones « à risques » pour eux. Dans ces cas-là, il peut être judicieux de placer une canne un peu en retrait par rapport à ce que font les autres pêcheurs. Je pense que vous comprenez le principe. Il peut y avoir des dizaines de spots où l’on peut pêcher différemment sans pour autant changer totalement d’approche.

Pour finir, je dirais que pêcher la carpe sur les plans-d’eau surpêchés à quelque chose d’énigmatique. En effet, les résultats sont souvent très aléatoires. Sans vouloir tout changer, nous avons vu qu’il était possible d’avoir une approche différente, ce qui, bien souvent sur les plans d’eau surpêchés, fera la différence.

 

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